Tyrannie ou servitude ?

Publié le 19 Février 2008

Pour le moment, je voudrais seulement comprendre comment il se peut que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois un tyran seul qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent, qui n’a pouvoir de leur nuire qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal s’ils n’aimaient mieux tout souffrir de lui que de le contredire. Chose vraiment étonnante — et pourtant si commune qu’il faut plutôt en gémir que s’en ébahir —, de voir un million d’hommes misérablement asservis, la tête sous le joug, non qu’ils y soient contraints par une force majeure, mais parce qu’ils sont fascinés et pour ainsi dire ensorcelés par le seul nom d’un, qu’ils ne devraient pas redouter — puisqu’il est seul — ni aimer — puisqu’il est envers eux tous inhumain et cruel. Telle est pourtant la faiblesse des hommes : contraints à l’obéissance, obligés de temporiser, ils ne peuvent pas être toujours les plus forts. Si donc une nation, contrainte par la force des armes, est soumise au pouvoir d’un seul — comme la cité d’Athènes le fut à la domination des trente tyrans —, il ne faut pas s’étonner qu’elle serve, mais bien le déplorer. Ou plutôt, ne s’en étonner ni ne s’en plaindre, mais supporter le malheur avec patience, et se réserver pour un avenir meilleur.
Étienne de La Boétie. Discours de la servitude volontaire (1549)

Rédigé par Bernard Bel

Publié dans #LECTURES

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Nadine 07/12/2008 11:15

Sinon, pour commenter l'extrait de La Boetie...Il me semble qu'il minimise bien trop "la force des armes". Aujourd'hui, comme hier, comme demain j'espère, des hommes s'elèvent contre leurs tyrans ; mais hier comme aujourd'hui comme demain hélàs, les gendarmes, la police, les militaires, et toute la clique des "forces de l'ordre" les contraignent au droit chemin, celui du tyran, avec violence dès qu'il le faut.Et lorsque un peuple entier se soulève, il est écrasée dans le sang.Le tyran est loin d'être seul !Nadine

lelaboratoire 05/05/2008 16:12

pour que le scandale s'arrête .Au laboratoire nous avons décidé de publier le lien vers ce blog.On a connu les agissements de ce tyran par des membres du collectif le laboratoire Valencepour le collectif

anonyme 25/04/2008 20:33

"Je ne parlais pas des procédures des journalistes de La Décroissance, mais de la démarche de celles/ceux qui sont cités comme victimes."La fameuse théorie du complot, n'est-ce pas ? Pour info, vous vous égarez mais rien de vous empêche de le croire.

Bernard Bel 26/04/2008 09:57



Il n'y a pas besoin de théorie ni de croyance : les interventions anonymes (dont les vôtres), l'absence de documents susceptibles d'éclairer les lecteurs, la publication dans un journal
directement concurrent… Au mieux, c'est du journalisme de caniveau ; au pire, un acte de vengeance qui peut avoir de graves conséquences pour toutes les parties concernées.

Lire la suite sur l'article :
http://bernard-bel.over-blog.com/article-19195433.html

PS : le 26 avril j'ai signalé ce fil de discussion à la rédaction de La Décroissance. Pas de réponse pour l'instant.



anonymes 25/04/2008 16:21

En quoi ces pratiques journalistiques sont-elles douteuses?- Un journal concurrent doit-il s'empêcher de critiquer un concurrent sous prétexte qu'ils le sont, concurrents?- Publier des documents de procédures en cours n'est pas légal.- La parole est donné au principal accuséJe ne vois pas en quoi les procédures des journalistes de La Décroissance sont à remettre en cause.Comment auriez-vous procéder? Il me semble que reccueillir des témoignages, nombreux, les faire se recouper, vérifier les documents, les faits, et interroger le principal accusé, constitue une démarche journalistique classique

Bernard Bel 25/04/2008 18:46



> En quoi ces pratiques journalistiques sont-elles douteuses?
> - Un journal concurrent doit-il s'empêcher de critiquer
> un concurrent sous prétexte qu'ils le sont, concurrents?

Ces deux questions amènent la même réponse : il y a conflit d'intérêts dans la mesure où les deux journaux visent le même lectorat, ce qui situe la controverse sur un terrain de concurrence
commerciale qui n'a plus rien à voir avec l'éthique. Ce serait différent si l'article était publié dans un journal indépendant de thématique plus éloignée - Politis par exemple. Mais
même un journal "de droite" aurait fait l'affaire.

> - Publier des documents de procédures en cours n'est pas légal.

Y a-t-il une procédure en cours ? Si oui, pourquoi ne pas la mentionner ? Je n'ai relevé dans l'article que la mention de courriers envoyés à des administrations qui n'ont aucune raison de rester
confidentiels. Non seulement je les publierais mais je scannerais aussi les réponses et/ou les accusés de réception. Attention : anonymiser les documents, et ne pas oublier de déclarer le site à
la CNIL, avec mention légale.

> - La parole est donnée au principal accusé.

Il faut l'espérer, sinon il ne lui resterait plus qu'à attaquer (et gagner) en diffamation. :-/

> Je ne vois pas en quoi les procédures des journalistes de La Décroissance sont à remettre en cause.

Je ne parlais pas des procédures des journalistes de La Décroissance, mais de la démarche de celles/ceux qui sont cités comme victimes.

> Comment auriez-vous procédé ? Il me semble que reccueillir des
> témoignages, nombreux, les faire se recouper, vérifier les documents,
Je ne vois pas dans cet article la trace de documents que les journalistes de La Décroissance auraient vérifiés... Ils disent seulement qu'ils ont reçu des "témoignages concordants".

Si je voulais couler un garagiste qui fait concurrence à, disons, mon beau-frère, je mettrais une annonce sur Internet pour publier les "témoignages concordants" de tous les clients mécontents.
Il y en a toujours beaucoup dans ce domaine. Le garagiste se défendrait (mal) en disant que ce sont des râleurs, ou qu'il y avait des malentendus, ce qui est aussi fréquent dans ce domaine. Mais
ça ne fait pas une enquête journalistique... Par contre, si certains avaient porté plainte pour escoquerie, ça deviendrait un fait journalistique.

Le même procédé ferait mouche dans n'importe quel milieu associatif (ou ONG) où se mêlent et se confondent souvent le bénévolat et des petits boulots très mal payés mais assumés, au départ, par
sympathie avec "la cause". Le milieu associatif est peuplé de tyrans qui n'ont pas grand chose à apprendre d'Alain Duez. Or c'est la sympathie avec la cause qui met en place cet état de
"servitude volontaire" dont parlait de la Boétie. C'est l'horreur, je suis bien d'accord, de prendre le petit-déjeûner avec son employeur, sauf pour le plaisir de lui balancer un bol de cacao en
pleine figure. A 25 ans on a quand même "l'âge de le faire", pas vrai ? (Ça m'a échappé.)

> les faits, et interroger le principal accusé, constitue une démarche
> journalistique classique.

Publier un article n'est pas suffisant pour un dossier aussi sensible. Et encore moins un article insuffisamment documenté qui ne joue que sur l'émotion et l'indignation. Si vous voulez savoir
comment je procèderais, consultez le dossier de l'affaire Inserm-Metagenex :
http://wiki.naissance.asso.fr/index.php?pagename=DossierISET

Vous y trouverez tous les documents, en plus des liens vers les articles, sauf qu'un des documents (le rapport de l'IGAS) est en intranet car nous n'avons pas l'autorisation de le diffuser. Ces
documents et articles donnent in extenso la parole à toutes les parties concernées. C'est pourquoi le dossier sert de référence à des articles de journaux sérieux (en préparation) qui prendront
parti sur une base solide.

Précision : ça ne coûte rien d'autre que du temps. Mais le webmestre qui a démissionné de l'Age de faire pourrait s'y atteler, non ?



anonyme 25/04/2008 13:47

Pour être clair: je ne vous accuse de rien du tout.La liste de discussion était publique (dans le sens exposée et facile d'accès à tous), tant que son accès était ouvert, depuis le site de l'âge de faire. Depuis peu, la page dédiée à l'expression libre sur le site du journal a été désactivée: plus de forums, plus de liste de discussion. En ce sens, elle n'est plus publique: il faut connaître son existence, et la rechercher pour y avoir accès. Et encore, en tapant "liste de discussion age de faire" sur google, rien n'apparaît. J'imagine très bien que pour le commun des mortels qui taperait simplement "age de faire" sur un moteur de recherche aurait encore moins accès à cette liste. Au fait, l'article est en ligne sur le site d'Acrimed

Bernard Bel 25/04/2008 15:23



L'article est à l'adresse :
http://www.acrimed.org/article2882.html

à paraître dans... un journal concurrent ! Voilà qui va crédibiliser l'accusation de "coup monté" proférée par Alain Duez. Franchement, les journalistes qui en sont à l'origine ne sont pas doués
en communication. Car c'est plutôt une balle qu'ils se tirent dans le pied. Par exemple, l'article mentionne certaines démarches effectuées auprès des Prudhommes, de l'Inspection du travail, de
la DDTEFP. La moindre des choses aurait été de mettre en ligne les documents correspondants. Ils ne savent pas utiliser un scanner ?

> Et encore, en tapant "liste de discussion age de faire" sur google, rien n'apparaît.

Evidemment. Yahoogroupes, comme son nom l'indique, parle de "groupes" et non pas de "listes". Par contre, si vous allez sur la page d'accueil de Yahoogroupes vous trouverez immédiatement la liste
"L'âge de faire".  Non seulement elle est publique mais elle figure au répertoire, option facultative qu'on peut désactiver en quelques clics. Quant à aller sur le site du journal pour
chercher un lien vers des messages qui critiqueraient le projet ou son directeur, ça me paraît vraiment naïf. Il est donc farfelu de supposer que le lien a été supprimé dans le but de dissimuler
ces messages. Pour cela il était bien plus simple de supprimer la liste de discussion : deux clics et tout passe à la trappe. (Cela dit, comme d'autres lecteurs de la première heure, j'en ai une
archive complète.)

Le site n'a plus de forum : je sais par expérience (pour en avoir la charge sur http://wiki.naissance.asso.fr et d'autres sites) que la
surveillance d'un forum contre les spams et les messages injurieux ou illicites demande beaucoup de travail. Et ça ne prouve rien sur la ligne politique du journal : pendant très longtemps,
Politis n'était pas présent sur le web, et ni le Canard enchaîné ni Charlie hebdo n'ont ne serait-ce qu'un site. On peut critiquer ce choix — je m'étais fait l'avocat d'une plus grande
interactivité du site à l'époque du projet — mais cela n'a rien à voir avec les graves accusations rapportées dans l'article.

D'autre part je ne pense pas qu'un lien vers la page d'accueil de la liste répondrait au besoin d'information. Il y a plus simple : si vous tapez "Alain Duez" dans Google vous trouverez déjà deux
liens vers la liste dans les premières références, au-dessus même de l'article d'Acrimed. Et, pas très loin, au moins une référence dans le forum anonyme où il se fait descendre... C'est ce qui
me paraît le plus simple : avant de travailler sous les ordres d'un inconnu, chercher son nom dans un moteur de recherche.

Tout cela pour dire que je ne mets pas en doute les accusations, ni d'ailleurs les réponses de l'accusé, mais les méthodes utilisées pour faire passer l'info, qui me paraissent relever de
pratiques journalistiques les plus douteuses ; ce qui est fâcheux vues les présumées compétences de leurs auteurs.