Mon père

Publié le par Bernard Bel

C’est l’anniversaire de T. aujourd’hui.

Mon père meurt dans la soirée. Pendant son sommeil, ses activités cardiaque et respiratoire se sont affaiblies, et il ne s’est pas réveillé. Toute la journée j’ai eu la sensation d’étouffer, l’impression que mon cœur allait lâcher, et qu’il vivait peut-être cette angoisse. En même temps, un sentiment de liberté rarement éprouvée, comme si je m’arrachais à la pesanteur. J’étais dans mon corps, plus que jamais, mais ce corps était en train de changer de carapace.

J’ai passé l’heure du repas dans un café où la lumière est belle et verte, un endroit rien qu’à moi. Il se passait donc quelque chose du côté de mon père, j’en avais le sentiment confus ; j’ai repensé à tout ce qui nous séparait, les conflits, ses convictions politiques, l’incommunication… Nos cœurs ont été défaillants.

Publié dans PRISES DE TETE

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