C'est pour ton bien !

Publié le par Bernard Bel

Lu chez des amis :
On trouve presque partout normal de frapper les enfants pour les faire obéir alors que cette méthode d’éducation expose les enfants, les adultes qu’ils deviennent et la société dans son ensemble à de graves dangers.

Les enfants sont d’ailleurs aujourd’hui dans presque tous les pays la seule catégorie d’êtres humains qu’il soit permis de frapper légalement, alors qu’ils sont aussi les êtres humains les plus fragiles, les plus vulnérables et ceux sur lesquels la violence a les conséquences les plus graves. Alors que dans les sociétés anciennes, on avait le droit légal de battre les esclaves, les domestiques, les soldats et les marins, les prisonniers, les femmes, aujourd’hui, dans presque tous les pays, seuls les enfants peuvent être encore légalement frappés.

Cette anomalie ne nous apparaît pas comme telle parce que nous avons presque tous subi à des degrés divers la violence éducative et que nous avons acquis sous les coups, depuis notre petite enfance, la conviction qu’elle est le privilège normal des parents.

[…]

Les progrès de la connaissance en neurobiologie ne permettent plus de douter des dangers de cette pratique que les enfants subissent souvent pendant toutes les années où leur cerveau se développe. On sait notamment depuis peu que des neurones, appelés par celui qui les a découverts « neurones miroirs », enregistrent fidèlement tous les gestes que nous observons et que ces mêmes neurones s’activent au moment où nous reproduisons ces gestes. Ainsi, les gestes de violence des parents préparent dans le cerveau de leurs enfants des chemins neuronaux à la reproduction de ces mêmes gestes. Autrement dit, la première chose qu’un enfant apprend quand il est frappé, c’est à frapper et notamment à frapper les êtres plus petits et plus faibles que lui.

Le fait de trouver normal de frapper les enfants, alors qu’on serait indigné d’être frappé en tant qu’adulte, est un des pires effets de la violence éducative : on devient aveugle à l’immoralité qu’il y a à frapper un être plus petit que soi et totalement sans défense. Ce qui ne nous empêche pas de proclamer et d’enseigner aux enfants qu’« il ne faut pas faire à autrui ce que nous ne voulons pas qu’on nous fasse ». La raison de cet aveuglement et de cette incohérence est simple : les premiers coups que nous avons reçus des êtres que nous aimions le plus, nos parents, nous ont inculqué l’idée qu’il était normal de frapper les enfants. On ne se défait pas facilement d’une conviction acquise à un âge où l’on n’avait aucun moyen de la contester. Comme le dit un proverbe, « la dernière chose dont prend conscience le poisson, c’est de l’eau de son bocal ».

L’aveuglement concernant cette violence éducative ambiante, et donc perçue comme normale, est accentué par la croyance selon laquelle les enfants et les jeunes qui ont des comportements violents n’auraient pas été élevés assez sévèrement. Alors que c’est le plus souvent l’inverse qui est vrai et que la violence que manifestent ces jeunes est presque toujours la résurgence de multiples violences subies dans leur enfance.

(Voir le premier communiqué de presse de l’OVEO)
Seize pays ont actuellement interdit toute forme de violence éducative : la Suède (1979), la Finlande (1983), la Norvège (1987), l’Autriche (1989), Chypre (1994), l’Italie (1996), le Danemark (1997), la Lettonie (1998), la Croatie (1999), la Bulgarie (2000), l’Allemagne (2000), Israël (2000), l’Islande (2003), l’Ukraine (2004), la Roumanie (2004), la Hongrie (2005)…

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